Comment soigner un trouble alimentaire?

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La thérapie d’un TCA demande un travail d’équipe, et un plan.

Je demande à toute personne souffrante d’avoir un suivi régulier par leur médecin traitant, et/ou d’autres professionnels de la santé.   

Deux Mots Clés – Compassion et Curiosité.

Les souffrants de TCA portent souvent sur eux-mêmes un regard de jugement, de dureté, et de désapprobation. Quand on est figé dans le jugement, c’est difficile de trouver des solutions à son comportement alimentaire – on essaie, justement, de faire taire cette voix « méchante » en mangeant, ou bien en se privant.

Deux mots clés qui guident la psychothérapie sont les mots compassion, tout d’abord, puis, curiosité. La compassion, parce que, si vous êtes sous l’emprise d’un TCA, vous faites cela parce que vous ne savez pas faire autrement. Il y a un sens, et une signification, à ce que vous faites. Si vous saviez intervenir d’une autre manière à votre détresse, vous le feriez. Or, quand on peut porter un regard de compassion sur le comportement, du coup, on peut commencer à être curieux, à comprendre ce que cela vous apporte, et peut-être trouver d’autres solutions possibles à des moments difficiles.

Un autre mot clé… La MOTIVATION…

En psychothérapie, on n’y peut rien sans vous, sans votre motivation, et sans votre envie de vous rétablir. Cela implique de devoir prendre des petits risques, et de tester des nouvelles choses. On ne fait pas cela à toute allure, mais on prend le temps ensemble de poser des nouveaux actes, et d’en examiner les résultats après. Toute petite action aura un effet sur votre corps, et votre psychisme. Aller trop vite n’est pas bien, mais, il faut quand même changer le comportement…tout en douceur.

Les TCA, les enjeux…

La boulimie.

Pour les personnes souffrantes de boulimie, l’enjeu est d’apprendre à intégrer la nourriture sans la vomir, ou faire de l’exercice excessivement, ou de prendre des laxatifs. En psychothérapie, nous explorons en profondeur comment le comportement boulimique fonctionne dans votre vie. Qu’est ce qui le met en route exactement ? Comment la boulimie vous aide ? Sachez que, comme dans tous les TCA, le symptôme est là parce que, quelque part, vous ne pensiez pas avoir une autre solution à votre détresse. Nous touchons aussi à d’autres choses qui sont difficiles à intégrer dont la nourriture n’est une petite partie d’une métaphore plus large dans votre vie. Savez-vous être en vraie relation avec les autres ? Savez-vous intégrer les choses qui vous font du bien, d’une façon générale ?

L’anorexie.

Une personne qui souffre d’anorexique aime souvent tout ce qui est régulier, ordonné, et cadré. C’est très rassurant de toujours savoir à quoi s’attendre – que ce soit dans ce que l’on mange (et quand, et comment), ou bien dans d’autres habitudes de la vie quotidiennes (le sommeil, l’exercice physique, le travail ou les études). Le but de la thérapie sera de comprendre comment votre cadre, tel qu’il est, vous protège et vous soutien dans votre quotidien. Le comportement anorexique ne peut pas s’en aller du jour au lendemain, et nous n’essayons pas de « l’enlever » comme par magie. Ceci dit, il faut tenir compte de votre santé pendant la psychothérapie, et garder un poids stable qui permet une capacité de réfléchir sur soi et sur sa vie. Ce dernier point est essentiel, car une psychothérapie pour l’anorexie peut prendre un certain temps avant que vous ne soyez prêt à modifier, petit à petit, votre comportement alimentaire.

L’obésité et le surpoids avec compulsions ou « fringales ».

Quand on se bat avec son corps, et son poids, depuis un certain temps, un comportement de « tout ou rien » peut s’installer. Soit, on se comporte « bien » avec la nourriture, et on vit plus ou moins tout le temps en régime avec les aliments considérés comme aussi « bons » ou « mauvais ». On se prive de ce que l’on aime, jusqu’à ce qu’on « craque », puis là, on se « laisse aller ». Ou bien, tous les jours, on mange ce qu’il ne « faut pas » ou un peu plus que ce que l’on veut. Il y a un sentiment de « pas assez »…il n’y aura jamais assez de nourriture pour récupérer les privations de tant de régimes, ou pour se distraire, se réconforter, se fortifier…or, être nourri est une métaphore qui touche au plus profond d’un individu. La psychothérapie tentera de vous aider à trouver comment vous nourrir de votre vie, plutôt que dans des excès alimentaires. La psychothérapie pose la question – comment vous combler, vous faire participer pleinement dans votre vie, d’une façon où vous n’aurez plus besoin de recourir à la nourriture si vous n’avez pas faim physiquement? Comment vivre pleinement votre potentiel de bien profiter de la vie, et de la nourriture, sans privation et avec un équilibre qui vous convient ?

Autres questions TCA…

Comment arrêter mes crises/arrêter de maigrir/arrêter de grossir?

Chaque personne demande une réponse adaptée. Dès la première séance en psychothérapie, nous allons explorer exactement ce que vous faites avec la nourriture, et comment faire des premiers pas pour remanier votre façon de vous alimenter. Vous avez besoin de repères et vous voulez changer rapidement, ceci dit, le comportement est là pour une bonne raison (sinon, vous ne l’auriez plus, n’est ce pas ?). C’est pour cela qu’il faut aller doucement, avec des tout petits pas. Parfois il suffit de voir que vous êtes capable de changer légèrement votre façon de vous occuper de vous-même pour vous donner l’espoir que le rétablissement est possible. Et bien sûr qu’il est.

Est-ce que je vais devenir boulimique/hyperphagique (si je suis anorexique) pendant mon rétablissement?

Il arrive que des personnes qui ont été très longtemps en sous poids se mettent à manger beaucoup pendant leur rétablissement. Parfois, cela prend la forme de “crises alimentaires” ou épisodes boulimiques. Ceci n’est pas la règle, et tout le monde est différent. En tout cas, ceci n’est qu’un passage vers le rétablissement. Tout le monde ne suit pas le même chemin, et si vous passez par une phase boulimique, il n’y a aucune raison de perdre l’espoir d’une guérison complète de votre TCA par la suite.

Mais j’ai tellement peur de grossir…

Parfois on *doit absolument* grossir pour éviter l’hôpital. Si cela est votre cas, on va explorer ce qui fait si peur dans l’idée du prendre du poids…de prendre corps…et on trouvera des moyens pour calmer l’angoisse. Si, par la suite, vous êtes quand même hospitalisé, il faudrait prendre du poids de toute manière.

Parfois, quelqu’un qui n’a pas forcément besoin de grossir grossit pendant leur rétablissement. Il se peut que vous soyez quand même en dessous de votre poids idéal (le poids que le corps veut garder, le pondérostat ou “set-point”, et non le poids que la tête veut avoir !). Le corps finit par trouver le poids qu’il lui faut, quand on peut répondre convenablement aux sensations de faim et de satiété. Il faut se dire que prendre du poids est moins important que le résultat final, c’est à dire, le rétablissement ! Si vous prenez temporairement quelques kilos dans le but d’un poids stable, et d’une tranquillité psychologique, cela vaut la peine ! On place trop d’importance dans le fait d’être mince. Est-ce que c’est la minceur qui vous apportera, en fin compte, ce bien-être que vous cherchez ?

Depuis que j’ai commencé ma psychothérapie, j’ai encore maigri/et/ou mes crises ont augmenté…j’ai très peur…

Cela aussi est très fréquent. Un début de psychothérapie demande une réexamination des souvenirs enfouis, des rêves inachevés, bref, une remise en question qui peut aller loin. On commence aussi à “questionner” le TCA lui-même…quelle est sa fonction? Serait-il envisageable de se détacher de ce comportement, de prendre du recul, et de s’écouter différemment ? Quand on commence ces remises en question, souvent les TCA peuvent s’agripper davantage. Vous n’avez pas encore pu envisager une autre façon de vivre, ou un autre cadre de réconfort et de bien-être. Vous êtes dans une période profonde de questionnement, et c’est normal que dans l’anxiété vous revenez davantage vers le comportement qui a toujours été votre réponse au mal-être. Cela passe, et ce n’est pas du tout mauvais signe. Vous êtes en plein travail.

Est-ce qu’un rétablissement total d’un TCA est réellement possible?

La réponse est tout simplement, “oui”. Un TCA demande un travail thérapeutique très spécifique, et une ténacité dans le temps très différente des thérapies classiques. Dans notre société, on veut des résultats rapides, et on veut pouvoir se montrer performant et efficace et surtout que cela se voie concrètement sur la balance…or, dans ces conditions-là, on ne peut pas se soigner convenablement. Plus on est pressé, plus la maladie s’agrippe. Plus on se stresse, plus on fait des crises, ou bien on se prive…

On entend souvent dire qu’on garde des traces d’un TCA…or, c’est vrai, mais il faut comprendre ce que cela veut dire. Si chaque personne s’enracine dans la terre de son histoire, et s’en sert à vie pour grandir, voilà que votre TCA restera à jamais une partie de votre histoire – de votre terrain personnel. Vous n’allez pas pouvoir changer votre passé, mais vous pouvez changer comment vous allez vous servir de votre vécu.

Avec le temps, votre rétablissement deviendra, au fur et à mesure, plus solide, et les moments difficiles deviendront plus espacés. Sachez que le rétablissement demande un apprentissage que vous faites à vie, et avec de l’expérience vous serez plus apte à répondre à vos angoisses et vos soucis, et à vous soulager en profondeur dans des circonstances troublantes.

Votre cas est unique. Si vous avez des questions spécifiques à votre situation, envoyez-moi un e-mail.  Je répondrai dans les meilleurs délais.

En psychothérapie, on n’y peut rien sans vous, sans votre motivation, et sans votre envie de vous rétablir. Cela implique de devoir prendre des petits risques, et de tester des nouvelles choses. On ne fait pas cela à toute allure, mais on prend le temps ensemble de poser des nouveaux actes, et d’en examiner les résultats après. Toute petite action aura un effet sur votre corps, et votre psychisme. Aller trop vite n’est pas bien, mais, il faut quand même changer le comportement…tout en douceur.