Comment marche une psychothérapie ?
Le mot « psychothérapie » vient du grec, et veut dire soin de l’âme. C’est un travail sur vous-même à travers la parole. Elle implique de votre part une motivation suffisante, sans laquelle le meilleur des thérapeutes ne pourront rien. La psychothérapie fonctionne à travers la parole.
En effet, cela peut surprendre qu’on puisse guérir par l’effet d’un simple dialogue. Lorsque nous consultons un spécialiste, par exemple un médecin, nous sommes habitués à nous voir prescrire des solutions concrètes et tangibles. Pourtant, le métier de psychothérapeute n’est pas le seul où la parole occupe une place centrale. C’est aussi le cas des enseignants, des interprètes, des avocats, des acteurs, et d’une façon générale, de la plupart des métiers de la communication.
Chacun d’entre nous peut observer à tout instant le fantastique pouvoir émotionnel que possèdent les mots. En quelques secondes, de simples paroles prononcées ou entendues peuvent déclencher en nous les émotions les plus fortes, de l’enthousiasme à la colère, du désespoir au soulagement. Et c’est justement dans ce pouvoir des mots que réside l’outil de travail du psychothérapeute.
L’être humain est un être de langage, et c’est ce qui le différencie de tous les autres êtres vivants. Nous naissons sans connaître le langage, mais dès lors que nous apprenons à parler, d’innombrables connexions se forment à l’intérieur de notre cerveau et font de nous ce que nous sommes. C’est la parole qui donne forme à nos idées comme à nos émotions. Aussi, c’est au travers de la parole que nous avons le pouvoir d’agir sur elles.
Pour cela, il nous faut un interlocuteur, car la parole implique d’être deux. Or, la psychothérapeute est une interlocutrice qualifiée, et son savoir permet d’agir sur l’intérieur de notre mental, tout comme celui du médecin nous permet d’agir sur l’intérieur de notre corps. De plus, contrairement à notre entourage affectif, la psychothérapeute n’est pas impliquée dans notre vie, et cette neutralité est la garantie de sa rigueur et de son objectivité.
Le premier devoir de la psychothérapeute, c’est celui de vous écouter. Aussi, ne soyez donc pas surpris si elle vous parait parfois silencieuse. Toutefois, il est également nécessaire qu’elle intervienne : elle réagit à vos paroles, pose des questions, demande des précisions, propose des interprétations, vous invite à exprimer des émotions et à relater des faits de votre histoire personnelle. Dans tous les cas, une bonne thérapeute ne doit parler ni trop, ni trop peu.
Lorsque vous viendrez la consulter pour la première fois, vous lui ferez probablement part d’emblée du motif pour lequel vous êtes venu la trouver. Sur la base de ce que vous lui direz, et dans la mesure où elle s’estime compétente pour vous aider, elle orientera la psychothérapie dans la direction la mieux appropriée à votre cas particulier.
Combien de temps prend une psychothérapie ?
Deux choses importantes :
Il n’y a pas de durée réglementaire.
Vous êtes libre d’arrêter quand bon vous semble.
Cependant, n’oublions pas qu’une psychothérapie est un processus de changement. Or, changer des comportements et des attitudes qui sont profondément ancrés en nous demande qu’on y consacre un minimum de temps. Il arrive certes qu’il y ait des « déblocages » spectaculaires en une seule séance, mais attention : ce ne sont pas forcément ni les plus fréquents, ni les plus durables, notamment chez les adultes.
Il est tout à fait légitime de consulter un professionnel de façon ponctuelle, mais une véritable thérapie nécessite en général au moins plusieurs mois, et peut parfois se prolonger sur plusieurs années. Tout dépend des objectifs que l’on veut atteindre et de la gravité des troubles. Il faut aussi prendre en compte le fait que le temps nécessaire pour se sentir à l’aise et pour opérer des changements est très variable selon les personnes.
La durée moyenne d’une séance de psychothérapie est de 45 minutes, et le rythme optimal celui d’une séance hebdomadaire. Mais il n’y a pas non plus de règles strictement établies en ce domaine. La patiente peut donc convenir avec la thérapeute de la durée et du rythme des séances, selon ses besoins et ses moyens propres.
On met généralement un terme à la psychothérapie lorsque les objectifs fixés au départ sont atteints. En principe, l’arrêt d’une thérapie se décide d’un commun accord entre patient et praticien, mais encore une fois, il n’y a aucune obligation. En outre, on peut toujours rencontrer à nouveau son thérapeute de façon ponctuelle, comme on le fait également pour d’autres types de consultation.
Si vous venez pour changer votre comportement alimentaire, parfois il peut s’améliorer rapidement; vous êtes satisfaite, vous vous sentez mieux, donc vous arrêtez votre thérapie.
Mais parfois, vous comprennez que le comportement n’est que le dessus du volcan; les symptômes s’attenuent, et vous allez mieux, mais vous voulez aussi mieux vous comprendre vous-même, et aller vers un bien-être plus profond. Vous voulez avoir une relation saine avec vous-même, et votre entourage. Cela demande une exploration du fond du volcan, pour calmer ce qui a pu mettre en route le TCA. On découvre ensemble comment votre histoire personnelle donne du sens à votre vie actuelle. Vous apprennez à rentrer en dialogue avec vous-même, et à avoir de la curiosité, et de la compassion, plutôt que des critiques.
Les professionels qui traitent les troubles du comportement alimentaire ont pu constater qu’un parcours thérapeutique sufissament bon dure au minimum 18 mois.
Combien ça coute?
Il est possible, en France, de suivre une psychothérapie gratuite dans des structures de psychiatrie publique, notamment les Centres Médico-Psychologiques (C.M.P). Il y en a près d’un millier dans le pays. Vous pouvez donc vous renseigner auprès de votre mairie pour connaitre celui auquel votre domicile est rattaché.
Toutefois, il faut savoir que, dans le secteur public, il est nécessaire d’avoir l’avis favorable du psychiatre de l’établissement pour engager une psychothérapie. En outre, il y a en général un délai d’attente assez long, et l’on n’y est pas toujours libre de choisir son thérapeute, ni même ses horaires. Enfin, les séances peuvent être exagérément courtes ou espacées, et la qualité des soins n’est pas toujours des meilleures, en raison de la surdemande.
Dans le secteur libéral, le prix d’une séance de psychothérapie peut varier du simple au triple. Le minimum est de 35€, ce qui correspond à la base remboursable par la Sécurité Sociale pour une consultation de spécialiste. Mais certains praticiens renommés peuvent monter jusqu’à 100€, voire plus. Dans les grandes villes, la moyenne se situe autour de 60€. Ce prix élevé s’explique notamment par la durée des séances. Pendant qu’un thérapeute reçoit un patient, un médecin généraliste en voit deux ou trois.
Il est vrai que dans ces conditions, une psychothérapie peut coûter cher, d’autant plus qu’à ce jour, elle ne donne pas lieu à un remboursement par la Sécurité Sociale. Cela est regrettable, et sans doute amené à changer dans les années à venir. En revanche, une gratuité totale peut avoir des répercussions négatives sur son efficacité, et engendre parfois une tendance à la passivité, tant de la part du patient que de celle du thérapeute. Aussi, la rémunération directe des séances contribue à les responsabiliser l’un et l’autre.
Une psychothérapie est un investissement. Investissement de son temps, de son argent, de ses efforts, de sa confiance. Mais ses effets peuvent changer le cours d’une existence de façon telle qu’il en vaut largement la peine. Retrouver un équilibre n’a pas de prix.
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